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Anxiété et angoisse : comprendre et s’en sortir

Mis à jour : avr. 23

Pour bien comprendre le mécanisme de l’anxiété et de l’angoisse qui vous affecte, il est crucial de distinguer les différents termes, origines et traitement qui s’y apparentent. Appréhender avec précision vos maux, c’est faire sens à ce qui se retranscrit au travers des symptômes.

Séparer et distinguer les notions Les états timériques regroupent l’ensemble des phénomènes ressentis par l’individu vivant une situation de peur, d’anxiété ou d’angoisse. Ils regroupent l’inquiétude, la peur, la terreur (ou l’effroi), l’anxiété et l’angoisse.

- inquiétude et anxiété : la notion d’intensité sépare ces deux termes. Dans l’anxiété, l’état émotionnel et physique sont particulièrement élevés, contrairement à l’inquiétude qui se rapproche littéralement du sens communément accordé.

- peur : perception d’un danger bien réel ou qui peut se présenter. Identification claire et concrète de quelque chose qui existe réellement comme par exemple la peur de l’orage, d’un chien, d’un homme armé…

- terreur ou effroi : quand la peur est à son paroxysme et qu’elle pétrifie. Freud la désigne par « un danger auquel on n’était pas préparé par un état [d’anxiété] préalable ». Le caractère imprévu de cette peur envahit et terrorise. La terreur (ou l’effroi) est donc le phénomène amplifié de la peur.


Globalement, la démonstration des symptômes est fréquemment liée à l’anxiété ou à l’angoisse. Trois groupes s’en dégagent :

1. anxiété d’objet : l’objet de l’anxiété est repéré dans les faits, les événements ; l’anxiété qui s’en découle est parfois démesurée. C’est-à-dire que l’objet est un motif clair, palpable, visible, quelque chose d’extérieur. Qualifiée « d’ordinaire », cette forme d’anxiété se rattache à des motifs qui la justifient. C’est une manifestation reconnue comme courante.


2. anxiété de l’individu : comportement presque souvent chronique, qui dénote des autres comportements dits « habituels » face à l’anxiété. Ce genre spécifique n’est pas relié à un objet identifié. Il s’agit ici d’une anxiété de l’individu lui-même, jointe directement à son être et à sa situation existentielle. Cette anxiété de l’être tisse la toile de fond sur laquelle éclateront les éclairs de la crise d’angoisse. L’anamnèse de celui qui en souffre ouvre la perspective de cette fameuse toile, diffuse et émettrice d’anxiété. Ce fond presque constant qualifié « d’angoisse flottante », constitue la base des accès d’angoisse. Ainsi, elle se détermine en tant qu’anxiété fondamentale.

Autrement dit, c’est une anxiété qui se loge aux fondations psychiques de l’individu. Sa manifestation est insidieuse : désarroi général, confus, nébuleux. Le chemin paraît indéterminé, flou, obscur et chargé. Ce sentiment de confusion et de solitude désarme les réactions habituelles mises en place par la psyché. Les mécanismes de défense psychiques sont insuffisants et plongent parfois l’individu dans la résignation. Il n'arrive plus à faire face.



3. angoisse : nommée aussi « anxiété de l’inconscient », l’angoisse s’oppose aux deux premières formes d’anxiété. En effet, celles-ci appartiennent à la Conscience alors que l’angoisse s’érige au sein de l’Inconscient. Des affects refoulés engendrent la formation de l’angoisse. Les symptômes (tels que pour la phobie par exemple) informent sur l’origine inconsciente de l’angoisse.

Distinction importante : dans le cas de l’angoisse, l’anxiété ressentie par l’individu (anxiété citée en 2.) n’est autre que la manifestation des affects refoulés.

L’angoisse cause l’anxiété vécue et non l’inverse.

La représentation inconsciente fixée derrière l’objet de la phobie est le générateur de l’anxiété ressentie. Explications :

- une personne, sans antécédent anxieux au sujet de l’avion, connaît une mésaventure aérienne et en conserve une trace. Son anxiété est liée uniquement à l’avion et est apparue par un fait inattendu extérieur : c’est l’anxiété d’objet.

- une personne, n’ayant connue aucune mésaventure aérienne et n’étant reliée à aucun élément perturbateur aérien, est tétanisée face à cet objet. La représentation cachée derrière la figure de l’avion porte des contenus refoulés, qui l’empêche de modifier son comportement : c’est l’angoisse. Les symptômes de l’anxiété et de l’angoisse

Que nous parlions d’épisodes peu récurrents et modérés ou chroniques et forts, l’élément central est qu’il n’est pas en réponse à une cause objective. C’est-à-dire qu’ils ne proviennent pas de faits extérieurs objectifs voire rationnels.

Freud exprimait déjà la particularité des accès spontanés d’angoisse (crise d’angoisse, attaque de panique). Il les constatait « sans rapport avec des conditions quelconques, d’une façon aussi incompréhensible pour nous que pour le malade, comme un accès spontané et libre, sans qu’il puisse être question d’un danger ou d’un prétexte ».

Inscrite dans la réalité de ce phénomène, la virulence ressentie par l’individu au moment de la crise est parfois d’une violence inouïe. Ces accès sont explosifs, et laissent une marque indélébile.

L’éloquent souvenir de Simone de Beauvoir en témoigne : « Une nuit, […] l’angoisse fondit sur moi. Il m’était arrivé d’avoir peur de la mort jusqu’aux larmes, jusqu’aux cris ; mais cette fois-ci c’était pire : déjà la vie avait basculé dans le néant : rien n’était rien, sinon ici, en cet instant, une épouvante si violente que j’hésitai à aller frapper à la porte de ma mère, à me prétendre malade, pour entendre des voix. Je finis par m’endormir, mais je gardai de cette crise un souvenir terrifié ».

La brutalité et la fureur fulgurante de l’angoisse sont des symptômes caractéristiques. La véhémence entraîne des intensités symptomatiques supérieures à celles de l’anxiété.

Les symptômes physiologiques présents dans l’anxiété et dans l’angoisse sont similaires :

- impression d’écrasement thoracique (difficultés à respirer), de torsion abdominale, de gorge serrée (difficultés à avaler ou parler)

- impression de vacillement (du dos jusqu’aux mollets)

- dérobement des jambes : impossibilité à avancer

- étourdissements voire syncopes

- tremblements

- chute de tension

- vision déformée ou obstruée

- sons mal perçus ou déformés

- accélération du rythme cardiaque

- sudations plus ou moins conséquentes

- impression de s’écrouler ou de mourir


L’importance ne réside donc pas en les démonstrations physiques mais en leur puissance et en l’expérience vécue par la personne. Contrairement à l'angoisse, l'anxiété d'objet n'a pas l’effet d’une bombe et se dissipe rapidement.

La valeur d’exception incroyablement saisissante dans l’angoisse en fait indéniablement sa distinction majeure.

L’anxiété et l’angoisse concernent-elles tout le monde ? Pourquoi angoisse-t-on ? Oui, tout le monde est concerné par l’anxiété et l’angoisse. L’angoisse est une composante psychique pour chaque personne, sans exception.

Dès les premiers instants de la vie, l’angoisse (au niveau inconscient) est déjà présente. Sa fonction est de participer à la composition de la structure psychique. C’est-à-dire qu’elle est indissociable à ce que nous sommes. L’angoisse prend vie dans l’Inconscient et ne disparaît jamais. Ses esquisses se perçoivent notamment dans les problématiques psychologiques et émotionnelles rencontrées.

Par conséquent, c’est cette inhérence à chacun qui donne accès en permanence à l’angoisse. En d’autres termes, le fait qu’elle soit une base de notre être favorise sans conteste la réaction symptomatique à l’anxiété et à l’angoisse.

Les causes sont multifactorielles : changements de situation, traumatismes, états émotionnels intenses, conflits psychiques… Souvent, elles s’entremêlent brouillant ainsi les pistes. Les crises sont incomprises et deviennent récurrentes. Il devient difficile d’identifier avec clarté ce qui fait symptôme. C’est à partir de ce constat qu’il advient nécessaire d’entamer un suivi thérapeutique.


L’investigation thérapeutique La pertinence du choix de l’approche thérapeutique est centrale.

Qu’il s’agisse d’anxiété ou d’angoisse, l’accompagnement psychologique est indispensable à la compréhension des troubles, à leur assimilation et à leur dépassement. La thérapie s’articule autour du noyau qui a fait émerger les troubles (anxiété généralisée, phobies, crises/attaques de panique…). La mise en lien est constante entre le cœur de l’origine et votre vécu des troubles au quotidien.

Démarrer une prise en charge dessine le chemin de l’apaisement.

La psychothérapie permet d’œuvrer en ce sens, alliant la recherche des causalités profondes et l’action concrète, optimisant votre potentiel d’évolution.



→ Deux autoévaluations sont disponibles si vous souhaitez obtenir un premier regard sur votre état d'anxiété actuel. Ces tests sont à titre informatif, ne représentent pas des diagnostics et ne doivent en aucun cas se substituer au diagnostic d’un professionnel de santé.

Test Stress de Cohen et Williamson


STAI Y-B

Satinka Sanson




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