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Harcèlement à l’école : une forme de violence répandue

Mis à jour : avr. 23



Comment est défini le harcèlement et plus spécifiquement, le harcèlement à l’école ?


Le harcèlement est repérable selon des critères spécifiques : la violence, sa répétition et l’isolement de la victime. Le terme « harcèlement à l’école » désigne les acteurs de cette violence, au-delà du lieu au sein duquel elle se produit : un ou des élèves harceleurs -agissant dans l’enceinte de l’établissement le plus généralement- et une victime. Il se peut aussi que cette violence se propage en-dehors des murs scolaires, enfermant le harcelé dans un climat d’angoisse voire de terreur et de mal-être quasi permanent. Que l’on évoque des représailles à l’extérieur ou le cyberharcèlement, la victime demeure seule en proie à ses harceleurs.

Le harcèlement est une violence aux différents visages, qu’il s’agisse du milieu scolaire ou non.

Il est toujours orchestré par un ou plusieurs individus pouvant étendre leur violence jusque dans les dimensions les plus intimes de leur victime, engendrant en conséquence des lésions psychiques inévitables.


Quelles sont les formes de harcèlement ?


Le harcèlement regroupe plusieurs catégories de violences, elles-mêmes composées de subtilités, émanant à la fois des particularités de l’auteur et de la victime. Autrement dit, ce qui rend les faits de harcèlement uniques pour la victime, ce sont l’intentionnalité de l’auteur pour lui nuire et l’impact psychique chez le harcelé. Considérant en effet que chaque individu vit la violence en fonction de ce qu’il est, la subjectivité et l’authenticité sont alors évidentes dans le fondement de la trace psychique laissée par cette violence.


Parmi ces catégories, nous retrouvons les suivantes :


- violences physiques : coups, bousculades, strangulations, lynchages, agressions sexuelles, viols, séquestrations…

- violences morales : humiliations, mises à l’écart, isolements, détériorations du matériel scolaire et des affaires personnelles, stigmatisations dues aux origines, à l’apparence physique ou à une orientation sexuelle…

- violences verbales : insultes, propos sexistes, racistes, homophobes…

- cyberharcèlement : publications écrites/photographiques/vidéographiques à l’encontre du harcelé. Souvent, celles-ci résident en la divulgation de contenus à l’origine personnels (message, photographie ou vidéographie initialement destinés à des fins privées). La victime est comme lynchée sur la place publique, par l’auteur de ces publications mais aussi par tous les internautes qui les aiment, commentent et partagent. Le cyberharcèlement est une violence insidieusement ravageuse. Elle ne prend jamais fin en son exercice (la publication est diffusée en permanence sur les réseaux sociaux), n’a aucune limite visible, palpable ni matérielle. Le harcelé continue de subir jusque chez lui et n’a plus de répit. La pression est énorme et la déconstruction narcissique dangereuse : il est impuissant face à l’humiliation répétée et sur-envahissante dont il est la cible.

- violences psychologiques : fréquemment assimilées aux violences morales, la distinction s’entrevoit dans le registre (la composition et la portée du discours) employé par l’auteur. La violence psychologique est un acharnement volontaire et délibéré visant les failles psychiques de la victime, cherchant tout d’abord à la fragiliser. Cette fragilisation entraîne un vacillement et provoque un effondrement psychique silencieux mais féroce, soumettant la victime à l’emprise partielle voire totale de son bourreau.



Que faire face au harcèlement ?


En parler. La première porte de sortie est indéniablement d’ouvrir la parole afin qu’une aide extérieure puisse intervenir.

S’il s’agit de harcèlement à l’école en cours, contactez le 3020 (dispositif national du Non au Harcèlement).

Pour le harcèlement scolaire, c’est-à-dire lorsque le harcèlement provient des membres de l’établissement et non pas des élèves, contactez l’académie dont vous dépendez.

Pour le harcèlement hors cadre scolaire, vous pouvez vous tourner vers des associations et structures telles que les Aides aux victimes ou les Maisons du droit de votre département, solliciter votre entourage et bien entendu, vous saisir des services de police et de gendarmerie.


Quelle est l’importance de l’accompagnement psychologique ?


Le suivi psychologique peut se mettre en place à différents moments de la prise en charge du harcèlement : au début des démarches entreprises à l’encontre des harceleurs, pendant ou dans un après. Parfois, il se réalise avant que la parole de la victime ait pu se délier. Le travail thérapeutique de ce moment vise une prise de conscience des enjeux représentés par la brisure de cette loi du silence.

L’accompagnement psychologique est soutenant. Le travail du thérapeute consiste à mettre en lumière les mécanismes psychiques qui se sont instaurés lors de ce harcèlement. Les traumatismes vécus peuvent laisser émerger des traumas, qui signifient ici l’empreinte psychique de la violence. En travaillant sur ses traumas, le patient peut commencer à s’extraire du statut de victime qui est venu le constituer en partie, pour enfin s’approprier de nouveau son identité propre et se reconstruire.



→ Une fiche de repérage est disponible afin de vous aider à établir s'il s'agit d'une situation de harcèlement. Grille d'évaluation à partir de la page 10 : Fiche de repérage



Satinka Sanson




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