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Harcèlement scolaire : on en est où ?

Mis à jour : nov. 18

La campagne médiatique de lutte contre le harcèlement scolaire s’est imposée comme un rendez-vous annuel. Phénomène connu du grand public, ce dernier s’élève mois après mois contre ces violences. Brimades, humiliations, insultes, destruction psychique, dégradations matérielles, coups, blessures, agressions sexuelles, cyberharcèlement… Dans le viseur du Ministère de l’Education Nationale, l’une de ses cibles n°1 : le harcèlement scolaire.

Près de 2 ans après la rédaction de mon premier article, quel est mon constat ? Quel discours puis-je porter auprès des victimes, de leurs proches mais aussi des auteurs d’harcèlement ?




Que nous disent les chiffres ?


En 2019, le dispositif gouvernemental du Non au Harcèlement (connu sous son numéro téléphone : le trente vingt) a beaucoup été sollicité. Les chiffres parlent d’eux-mêmes :


- 77 742 sollicitations du dispositif

- 2 176 signalements académiques


En clair, le 3020 assoit considérablement sa position en devenant le relais majeur lors de situations d’harcèlement scolaire. De plus en plus incontournable, sa saisie se démocratise permettant ainsi d’obtenir une aide concrète, provenant d’un interlocuteur formé et préparé à ces situations.

Pourtant ces chiffres signalent que le harcèlement à l’école demeure un fléau bien présent.




Le constat


Il peut paraître simple alors qu’il s’agit en réalité d’une pelote de nœuds entremêlés les uns avec les autres, où éclaircir les tenants et les aboutissants d'une situation relève parfois du parcours du combattant. Le recueil des informations se transforme rapidement en un déversoir émotionnel souvent très à vif, à la hauteur de l’angoisse et de la détresse des personnes qui les subissent.


Formés à recevoir les peines, les maux, les incompréhensions, les tristesses, les peurs, les pleurs, les colères mais aussi les rages, nous sommes confrontés en tant que professionnels à deux sentiments récurrents éprouvés par les victimes et leurs proches : ceux d’abandon et d’impuissance.


Il en va alors de notre devoir de réagir et de proposer le meilleur accompagnement possible, avec les moyens dont nous disposons sur ce dispositif. En termes concrets :


- détailler l'ensemble des étapes à suivre auprès des instances concernées (établissement, académie, rectorat, médiateurs académiques, commissariat, défenseur des droits...)

- effectuer un signalement auprès du référent académique en cas de défaillance de l'établissement, d'échec de la gestion du harcèlement ou de faits très graves (violences aggravées, viols, tentatives de suicide...)

- relayer auprès des professionnels locaux pour accompagner en direct les victimes, leurs proches, les auteurs


Le constat des actions menées en réel sur le terrain peut paraître insuffisant et c’est une réalité dans un certain nombre de cas. Toutefois il me semble essentiel de nuancer ces éléments, reflétant de façon plus juste ce qui est mis à l’œuvre.


Comprendre le harcèlement scolaire c'est en premier lieu commencer par considérer ces sentiments d'impuissance et d'abandon, face à la persistance des agissements. C'est également prendre en compte la problématique des auteurs, eux-mêmes en état de souffrance et qui sont souvent d'anciens harcelés, pour les amener à déchiffrer leur comportement et ainsi empêcher les récidives.




Mettre du sens sur une réalité scolaire qui dérange


La continuité de ce constat passe irrémédiablement par la reconnaissance véritable du phénomène de harcèlement scolaire : il n’est pas question d’une histoire de tendance ou d’effet boom. Mettre du sens sur la situation que votre enfant traverse, que vous vivez ou dont vous êtes l’auteur est la première porte de sortie. Pourquoi ?


Tout simplement parce que le déclenchement de la réflexion autour de ce problème permettra une prise de recul sur ces agissements et arborer une vision moins émotionnelle. C’est cette fonction de dépressurisation que le 3020 exerce, ouvrant notamment la voie aux diverses possibilités d'interventions.

Mettre du sens, c’est venir poser des mots sur une réalité qui ne se comprend pas toujours facilement, qui soulève des points d’ombres de soi ou des autres pour élargir votre perspective.


Parlez entre vous de ce qui ne va pas, confiez-vous auprès de personnes de confiance, adressez-vous à des professionnels compétents qui sauront vous guider. Être harcelé ou harceler n’est pas une fin en soi : c’est un épisode de vie qui est, par essence, voué à se finir.


Pour ce faire et ce dans les meilleures dispositions et délais possibles, l’ouverture du dialogue peut représenter le chemin que vous recherchez. Le harcèlement scolaire est un problème sérieux qui mérite l’attention de tous pour y mettre fin. C’est en travaillant de concert avec les professionnels, les victimes, les familles et les auteurs que nous pourrons approfondir les méthodes d'action. Face au harcèlement, restons unis.



Satinka Sanson



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