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Les Troubles du Comportement Alimentaire

Mis à jour : avr. 23


Que sont les Troubles du Comportement Alimentaire ?

Les TCA (aussi nommés Troubles des Conduites Alimentaires) représentent un ensemble de perturbations du comportement d’origine psychique, en rapport avec l’alimentation. La personne atteinte s’impose de suivre ce nouveau mode de fonctionnement, parfois de façon stricte et particulièrement rigide. Les impacts psychiques enlisent celui qui en souffre et ouvrent en conséquence la voie aux répercussions physiques pouvant lui être fatales.

600 000 cas de TCA dont 200 000 en Ile-de-France sont recensés aujourd’hui sur le territoire national. Malgré les prises en charge proposées et la vigilance qui tend à s’accroître au regard de ce problème de santé publique, près de 15 000 décès par an sont à déplorer.

Environ 20% des adolescents présentant des TCA n’iront jamais consulter un professionnel de santé. Cependant, l’INPES estime que 77% des jeunes ne traversent pas de troubles de ce type, ce qui représente des données rassurantes.

Parmi ces troubles, les plus connus sont l’anorexie mentale, la boulimie et l’hyperphagie boulimique.

L’anorexie mentale

L’anorexie mentale se caractérise par le refus catégorique, obsessionnel et permanent de se nourrir. Cette angoisse voire phobie de prendre du poids est sous-tendue par un déni total de l’image réelle du corps. En d’autres termes, la perception de l’image du corps est déformée : l’anorexique se perçoit véritablement en surpoids quel que soit son état de maigreur, aveuglé par le déni obstruant sa vision.

L’angoisse de prise de poids devient obsédante et l’enferme à double tour dans un schéma dangereux. En effet, elle entraîne une restriction alimentaire partielle ou totale pouvant s’étaler sur plusieurs années. Ce refus volontaire de se nourrir est typique de l’anorexique et peut s’accompagner d’actes supplémentaires, accentuant la perte de poids et favorisant les lésions physiques (vomissements, prises de diurétiques et/ou de laxatifs).

Dans les cas sévères, la non prise en charge psychologique et médicale peut conduire jusqu’au décès.

La boulimie

La boulimie est jalonnée par l’intermittence de moments de crise. Ces crises se définissent en deux temps.

Le premier, par des accès incontrôlables au cours desquels l’absorption d’aliments est illimitée. Le second est caractérisé par la « purge », qui fait suite à l’apparition de cet épisode boulimique (pouvant durer pendant plusieurs heures). C’est-à-dire que le boulimique va entamer un processus de « purge », visant à expulser toute la nourriture ingurgitée.

Cette tentative d’annulation repose sur des méthodes agressives et violentes pour le corps. Imposées, ces dernières résident en le seul but de rejeter l’intégralité de ce qui a été englouti via des vomissements et/ou des prises de produits pour éliminer ou éjecter.

La dualité de ce phénomène renforce quelquefois la dissimulation de ce trouble, dans la mesure où les caractéristiques physiques ne sont pas nécessairement détectables aux premiers abords.

Ce phénomène d’ingestion/réjection explique une variation de poids pouvant ne pas être importante, sollicitant par conséquent une attention singulière des éventuels symptômes s’y référant.

L’hyperphagie boulimique

L’hyperphagie boulimique rejoint les symptômes de la boulimie, au travers de la répétition des crises. La différence est marquée par la rare présence de « purge ». L’hyperphagique mange considérablement trop en un temps généralement rapide, sans ressentir la sensation de satiété.


Contrairement à l’anorexique mentale, l’hyperphagique arbore une certaine conscience de son dysfonctionnement, dont il éprouve de la honte et de la culpabilité. Cette consommation accrue et trop riche mène dans certains cas à l’obésité.

Il est clairement soutenable que l’hyperphagie boulimique est le Trouble du Comportement Alimentaire le plus répandu, touchant autant les femmes que les hommes.


Autres formes de Troubles du Comportement Alimentaire

L’alimentation sélective

Ce trouble émerge suite à une sélection particulièrement exagérée ou à un dégoût pathologique de certains aliments. Bien qu’envahissant, ce trouble ne se corrèle pas à l’anorexie mentale, puisqu’il ne repose pas sur la même motivation. La sélection excessive n’intervient pas en lien avec l’altération de l’image du corps ni dans une visée restrictive.

Le pica

Le pica se traduit par la consommation d’autres éléments que les aliments (bois, terre, papier, autres matières…). Davantage répandu dans les pays orientaux, ce trouble concerne plus spécifiquement les enfants autistes ainsi que les enfants en dénutrition. Cette disparité s’explique pour ces derniers par la malheureuse situation économique et sociale au sein de leur pays.

Cependant, le pica peut représenter le marqueur évoquant d’autres troubles alimentaires.

Le mérycisme

Appelé aussi le Trouble de la Rumination, il consiste à régurgiter les aliments afin de les remastiquer. Leur remontée ne traduit pas un problème digestif mais n’est toutefois pas toujours intentionnelle.

L’individu atteint de mérycisme a conscience du caractère inapproprié de son rapport à l’alimentation. Il évite notamment de manger en public ou avant une activité sociale, pour ne pas être obligé de camoufler les régurgitations.

Ce dysfonctionnement peut également précipiter une perte de poids.


Détection des symptômes

D’autres natures de Troubles du Comportement Alimentaire existent mais demeurent méconnues ou moins diagnostiquées. Au-delà des groupes principaux délimités ci-dessus, il s’agit d’être attentif aux nuances et subtilités relatives que chaque trouble peut revêtir.

Il est important de souligner que dans grand nombre des cas, la visibilité des symptômes physiques informe sur l’installation prépondérante du mécanisme psychique déjà en place. Les conséquences physiques sont l’expression sur le corps et dans le corps de ce qui s’est préalablement ancré psychiquement.

La dégradation de l’état psychique est l’indication première des TCA, se répercutant sur le fonctionnement biologique et non l’inverse.

Les TCA sont très majoritairement la manifestation d’un mal-être profond, prenant racine dans des événements de vie traumatiques antérieurs et fondant ainsi la base du futur clivage entre la psyché et le corps.


Causes potentielles des TCA

L’impossibilité à déterminer des causes générales à toutes les personnes atteintes de TCA est un constat. Bien que des connexions se tissent parmi l’ensemble des cas, les origines des troubles varient d’un individu à un autre, en fonction de son vécu personnel, familial et de sa personnalité.


C’est pourquoi les TCA sont définis comme étant multifactoriels : ils dépendent de différents éléments jouant des rôles variablement décisifs. Parmi ces facteurs multiples, trois catégories principales se dégagent.

Eléments de vulnérabilité : prédisposition génétique et/ou anomalie biologique préexistante,

favorisant l’apparition de troubles.

Eléments déclenchant : régimes alimentaires rigoureusement stricts, évènements de vie

traumatiques.

Eléments d’entretien : déséquilibres biologiques dus aux troubles (répercussions physiques),

bénéfices secondaires (la satisfaction qu’obtient l’individu atteint au travers de son trouble).

Les rouages de ces mécanismes initialement disposés en tant que satisfaction (bénéfices secondaires), se renferment rapidement sur la personne qui se mue en victime de son propre dispositif. Un comportement contraignant voire extrêmement exigeant (érigé par l’anorexie, par exemple) l’envahit et déborde, la figeant ainsi dans un système de pensée infernal.

S’en extraire ne devient plus envisageable. Cette non-possibilité la prend au piège, laissant place au déni de cette réalité déformée. L’individu n’a désormais plus conscience de son dysfonctionnement destructeur ni de son état mental et physique.

Cette dynamique s’inscrit dans un sentiment de toute-puissance presque inébranlable –en particulier dans l’anorexie-, entravant de ce fait toute propension aux soins thérapeutiques.


Quelle prise en charge pour les TCA ?

La prise en charge psychologique est indispensable au regard des origines psychiques, dynamisant l’ensemble du trouble. Lorsque l’état physique se détériore, un suivi médical s’impose pour stabiliser puis surveiller l’évolution biologique.

Le lien entre traumatismes vécus et/ou relation à la mère est très fréquent chez les sujets atteints de TCA. Ce corps qu’il ne comprend plus ou ne fait plus sens devient le lieu où réside la partie immergée de l’iceberg du trouble. Le corps est pris pour cible, rejeté voire abandonné en dépit d’être supporté.

L’exploration et la remontée aux causes, pas à pas avec le praticien, se révèle aussi bien essentielle qu’inéluctable. La thérapie aide la personne souffrante à se réassembler, à se réconcilier et à se réapproprier son image du corps.


L’EAT-26 : un test à votre disposition pour évaluer un potentiel TCA

L’Eating Attitudes Test permet de fournir une prime évaluation du risque de développer ou d’être atteint d’un Trouble du Comportement Alimentaire. Il est communément utilisé dans ce type de dépistage.

La perspective est de vous permettre d’estimer si une aide extérieure par un professionnel doit être saisie.

Ce test est à titre informatif, ne représente pas un diagnostic et ne doit en aucun cas se substituer au diagnostic d’un professionnel de santé.

EAT-26




Satinka Sanson





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